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MARIE

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23/10/2014
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Tous mes voeux, et petit écrit d'aujourd'hui

Ah si j’étais peintre !

Sa fleur bleue  lui donnerait des yeux que seule la violette ne saurait lui envier. Elle serait en premier plan et un peu haut perchée. A droite du tableau et star de ce jardin de curé.

Le corps maigre et piquant de l’artichaut, le côté « chardon » qu’il doit à sa famille et qu’il ne peut renier, compte une infinie variété de verts plus clairs que ceux de son père. Désespoir du peintre qui choisit l’aquarelle pour les confondre un peu.

Le long d’un vieux grillage courent des capucines pour poivrer le décor et donner quelques touches de jaune, d’orange et de rouge, enfin des couleurs vives. Elles se disputent le terrain avec des fleurs de liserons blanches et bleues.  Quelques orties maigres, quelques pousses de menthe pour parfumer la toile donnent encore aux verts la place dominante et dans tant de nuances que le malheureux peintre doit s’évertuer à rendre au regard qui s’y perd. Un jardin de curé n’a pas la prétention d’être très ordonné.

Grâce à Dieu ou à Diable (on ne sait qui vanter) une touffe de sauge aux feuilles saupoudrées comme d’un duvet blanchâtre (peindre c’est  tout donner)  rappelle de ses fleurs bleues la star de notre toile, à droite et haut perchée.

Il y a du vent, pour plaire à ce Van Gogh à l’oreille arrachée. Mais seul l’artichaut résiste à ce frisson. Il peut bien être maigre sans que pour autant ses membres décharnés n’aient la rigidité qui sied à sa hauteur.

On ne voit pas le ciel mais on se sait plein sud, un jour ensoleillé. La lumière en atteste. Ce sera suffisant. Non, pas de ciel. En toile de fond, le vieux mur d’une grange. Une treille de vigne le traverse en tous sens et bouillie bordelaise a teint comme un ciel bleu les pierres bourdonnantes des abeilles, des frelons, des guêpes qui s’affairent. Quelques grappes d’un raisin bien trop mûr aux couleurs emmiellées offrent à l’aquarelle toute sa gourmandise. Une buse, peut-être, à gauche du tableau, s’est posée un moment sur un pauvre piquet réduit à l’inutilité.

Je ne suis pas peintre, mais tant pis, je sors mes pinceaux.  Seule l’intention compte.


31/12/2014
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Ce matin une envie impétueuse de vous faire écouter une nouvelle de Léon Bloy : la fève!

http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/bloy-leon-histoires-desobligeantes-selection-6.html

Que ce lien, mes amis, vous pousse à en écouter d'autres si le fiel contenu dans celle-ci ne vous éloigne pas de la plume qui le distille avec tant de grâces!

Je suis depuis plusieurs semaines plongée corps et âme dans ce Bloy de malheur qui avec d'autres : Lautréamont, Bataille, Blanchot... hantèrent mes années d'étudiante... De là à supposer comme un bain de jouvence ce serait excessif mais écouter la nouvelle et revenez vers moi pour en parler un peu!


16/11/2014
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