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TU PEUX TOUJOURS SOURIRE

TU PEUX TOUJOURS SOURIRE

 LUI. Il  avance sur le trottoir. Ses pieds indiquent 10 heures 10 et il se dandine comme Charlot, sans jouer de la canne car il n'en a pas. Il ne redoute rien. Son sourire satisfait augure d'une soirée comme il les aime, flatté et gâté par une belle étudiante qui ne rechignera pas à caresser la bête. Il ne regarde pas le ciel qui le mérite pourtant. Un ciel bleu lumineux. Pas l'ombre d'un nuage. Le printemps canadien fracassant, déversant bruyamment des blocs de glace dans le fleuve. De sa ceinture s'échappe un ventre proéminent, véritable misère pour les boutonnières qui baillent. Une façon singulière de mesurer le vif de l’air printanier. Quand il ne sourit plus il sifflote le bougre, rêvassant aux galipettes promises. Ses cheveux sont gras, tirés en arrière et serrés par un élastique en vague catogan. Cette maigre queue de vache creuse son sillon au rythme du dandinement, graissant le col de chemise élimé et chatouillant un rien les épaules tombantes engoncées dans un veston étroit de celui que l’on porte lorsqu’on rêve de jeunesse et que l’on ne se voit pas. Les taches sur la chemise confirment s'il en est besoin sa faim de gourmandises. Un rustre cultivé qui se croit l'élu de l'université et aime le mois de mai riche en aventures quand les roses fleurissent et que les examens approchent. Les plus mignonnes de ses étudiantes ne sont pas toujours les plus brillantes et même quand elles le sont il n'hésite jamais à baisser les moyennes pour séduire à coup sûr les petites en mal de diplômes. Il se les goinfre toutes comme des choux à la crème. Rapide et transpirant, libidineux à souhait. Elles n'oublient jamais la peau grasse et suintante qui glisse sous les doigts quand elles ferment les yeux mais elles respirent et remercient le dieu-des-éjaculateurs-précoces qui écourte le douloureux moment quand sous la douche enfin elles sont convaincues que la moyenne remontera.  Elles gratifient même d'un sourire complaisant le ragoûtant bonhomme repu qui continue de se rincer l’œil. Elles se consolent en pensant qu’un jour une étudiante rebelle trouvera le moyen de clouer le bec du porc aux yeux brillants. Ce jour est arrivé mais Tontuyau, puisque tel est son nom, l’ignore et marche d’un bon pas au vu de sa bedaine vers sa nouvelle proie qu’il a la faiblesse de penser sa nouvelle conquête enflammée de désir comme elle se doit de l’être !...

 

Sans oublier que le cadeau préféré des français reste "le livre"... Je vous invite à me commander par message privé "Tendres cruautés" dont ce texte est un extrait! Bonne journée

 



10/12/2014
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